Par Kelley O’Rourke
Richard Ryan de Saint-Colomban, au Bas-Canada, représente l’un des nombreux liens oubliés entre le Québec et la guerre de Sécession américaine. Né le 4 mars 1838 de parents immigrants irlandais, John Ryan et Johanna Bourke (Burke), originaires du comté de Tipperary, Richard grandit au sein de la première communauté agricole catholique irlandaise établie à Saint-Colomban dans les années 1820.
Pendant de nombreuses années, la mémoire locale conservait seulement le souvenir que Richard était mort durant la « guerre américaine ». Toutefois, un avis publié dans le Montreal Gazette le 7 juillet 1862 apporte un indice historique important :
« Killed in battle of Corinth, on the 28th of May, Mr. Richard Ryan, son of John Ryan, Esq., Parish of St. Columban, County of Two Mountains, Canada East. »
Cet avis relie Richard Ryan au siège de Corinth, au Mississippi, une importante campagne militaire de la guerre de Sécession américaine menée du 29 avril au 30 mai 1862. Corinth constituait l’un des centres ferroviaires les plus stratégiques du Sud, et ce siège d’un mois devint une victoire importante pour l’Union dans le théâtre occidental de la guerre.
Bien que le régiment militaire de Richard Ryan n’ait pas encore été identifié, la date et le lieu de son décès le placent clairement dans la campagne de Corinth. Il mourut à seulement vingt-trois ans, loin de chez lui.
Aujourd’hui, sa mémoire survit grâce à un monument dans le cimetière de Saint-Colomban portant l’inscription :
« Though not here in body is here in spirit. »
Son histoire rappelle que la guerre de Sécession a également touché les communautés du Québec.
Sources d’information
Montreal Gazette, 7 juillet 1862, avis de décès de Richard Ryan.
L’Encyclopédie canadienne – « Guerre civile américaine ».
Find a Grave – Mémorial Richard Ryan, cimetière de Saint-Colomban.
National Park Service – Corinth Civil War Interpretive Center.

Pierre tombale de Richard Ryan (Photo : Kelley O’Rourke)
