{"id":992,"date":"2022-06-27T15:31:00","date_gmt":"2022-06-27T19:31:00","guid":{"rendered":"https:\/\/cimpn-rcpmi.ca\/2022\/06\/lhistoire-des-freres-skelly\/"},"modified":"2025-10-08T13:35:09","modified_gmt":"2025-10-08T17:35:09","slug":"lhistoire-des-freres-skelly","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cimpn-rcpmi.ca\/fr\/2022\/06\/lhistoire-des-freres-skelly\/","title":{"rendered":"L&rsquo;histoire des fr\u00e8res Skelly"},"content":{"rendered":"\n<p>La famille Skelly faisait partie des nombreux migrants irlandais qui ont quitt\u00e9 l&rsquo;Irlande pour \u00e9chapper \u00e0 la pauvret\u00e9 au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. Les circonstances tragiques des Irlandais ruraux \u2013 comme ceux qui ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019installer \u00e0 Saint-Colomban dans les ann\u00e9es 1820 \u2013 et la promesse d\u2019une vie meilleure aux \u00c9tats-Unis ou dans les colonies ont donn\u00e9 de l\u2019espoir au peuple irlandais. Malgr\u00e9 les nombreuses difficult\u00e9s et les trag\u00e9dies potentielles qui les attendaient, temp\u00eates, maladies (chol\u00e9ra) et dysenterie, ils embarqu\u00e8rent \u00e0 bord du navire en qu\u00eate d\u2019une vie meilleure. <\/p>\n\n<p>\u00c0 Montr\u00e9al, vers 1817, un membre des Gentilshommes de Saint-Sulpice, le p\u00e8re Richard Jackson, remarque la pr\u00e9sence des Irlandais \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise Notre-Dame de Bonsecours. Il \u00e9tait assistant \u00e0 l\u2019\u00c9glise \u00e0 l\u2019\u00e9poque et tr\u00e8s attentif \u00e0 leurs besoins. Non seulement le p\u00e8re Jackson ouvrit une \u00e9cole pour les enfants de ces migrants irlandais au couvent des R\u00e9collets, mais il offrit \u00e0 ces immigrants la possibilit\u00e9 de se tailler une communaut\u00e9 agricole dans la Seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes, qui, comme l&rsquo;\u00eele de Montr\u00e9al, \u00e9tait d\u00e9tenue par l&rsquo;Ordre des Sulpiciens. D\u00e8s 1819, un premier groupe de colons irlandais, accompagn\u00e9s de quelques \u00c9cossais et de quelques Canadiens fran\u00e7ais, s&rsquo;\u00e9tablissent sur une concession de la rivi\u00e8re du Nord. Deux ans plus tard, en 1821, quatre Irlandais se voient attribuer des lots au milieu de la for\u00eat dense des basses Laurentides. Il s\u2019agissait de Hugh O\u2019Reilly (\u00e9crit Hughes Reilly dans les registres du Qu\u00e9bec), Andrew Cowan et John Mullin. Ils furent les premiers Europ\u00e9ens \u00e0 s\u2019installer dans ce qui allait bient\u00f4t devenir la paroisse de Saint-Colomban. Quatre ans plus tard, en 1825, une deuxi\u00e8me vague de colons, principalement du sud-est de l&rsquo;Irlande, commen\u00e7a \u00e0 arriver sous l&rsquo;\u00e9gide d&rsquo;un autre sulpicien, le p\u00e8re Patrick Phelan de Ballyragget, Kilkenny. Jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part pour le Haut-Canada en 1842, le p\u00e8re Phelan fut responsable des communaut\u00e9s irlandaises de Saint-Colomban et de Montr\u00e9al.<\/p>\n\n<p>Le p\u00e8re Phelan fut charg\u00e9 de s\u2019occuper des nombreux Irlandais pauvres de la paroisse. C&rsquo;est lui et le p\u00e8re Jackson qui ont encourag\u00e9 les nombreuses familles irlandaises issues du monde agricole \u00e0 s&rsquo;installer \u00e0 Saint-Colomban dans l&rsquo;espoir de reconstruire leur vie. Par l&rsquo;interm\u00e9diaire de la Soci\u00e9t\u00e9 des Gentilshommes de Saint-Sulpice, des lots d&rsquo;environ 150 acres chacun furent offerts. Les familles Skelly et O\u2019Rourke profit\u00e8rent de cette offre, pr\u00e9f\u00e9rant sans doute la vie rude mais ind\u00e9pendante d\u2019un fermier et d\u2019un colon \u00e0 celle d\u2019un ouvrier urbain. Les Reilly (O\u2019Reilly), Murphy, Cowan, Mullin et les autres migrants qui arriv\u00e8rent durent construire leurs fermes dans une vaste zone bois\u00e9e en utilisant la for\u00eat comme mat\u00e9riau et les outils que leur avaient donn\u00e9s les Sulpiciens. L\u2019histoire transmise par l\u2019arri\u00e8re-grand-p\u00e8re de Claude Bourguignon, James Murphy, un charpentier de Cork, raconte que lui et ces premiers colons ont d\u00fb faire face \u00e0 des conditions extr\u00eamement difficiles en raison du climat et de l\u2019environnement naturel accident\u00e9 qui \u00e9quivalait \u00e0 une nature sauvage et indompt\u00e9e. Au d\u00e9but, les colons se relayaient pour monter la garde la nuit, fusil \u00e0 la main, pour se prot\u00e9ger des loups. <\/p>\n\n<p>Les premi\u00e8res maisons construites \u00e9taient modestes et \u00e9taient connues sous le nom de baraques. La famille Skelly \u00e9tait r\u00e9pertori\u00e9e dans le premier recensement gouvernemental effectu\u00e9 en 1825 et, comme la plupart des maisons, le b\u00e2timent \u00e9tait d\u00e9crit comme une \u00ab cabane \u00bb. La population indiquait qu&rsquo;il y avait 253 individus vivant \u00e0 Saint-Colomban. Les colons irlandais comme la famille Skelly dans le Qu\u00e9bec rural avaient des priorit\u00e9s similaires. La premi\u00e8re \u00e9tape consistait \u00e0 construire un abri sommaire et \u00e0 commencer \u00e0 d\u00e9fricher le terrain sur lequel ils cultiveraient leurs pommes de terre et autres cultures. La priorit\u00e9 suivante \u00e9tait de s\u2019assurer qu\u2019ils avaient un lieu de culte et les moyens de fournir \u00e0 leurs enfants une \u00e9ducation de base. En 1825, le groupe irlandais de la paroisse Sainte-Scholastique \u00e9tait suffisamment important pour que John Ryan soit nomm\u00e9 marguillier. A cette \u00e9poque, le futur paria de Saint-Colomban se trouvait encore sur le territoire de Ste-Scholastique. Mais cela allait bient\u00f4t changer. En f\u00e9vrier 1830, une r\u00e9union publique a eu lieu dans la maison d\u2019Edward Elliott pour d\u00e9cider de l\u2019emplacement d\u2019une chapelle qui servirait \u00e0 la population catholique irlandaise croissante de la r\u00e9gion. Une simple structure en bois a \u00e9t\u00e9 construite en 1831 sur le terrain de Mary Phelan (la s\u0153ur du p\u00e8re Patrick Phelan) et une parcelle de la ferme d\u2019Edward Elliott est devenue le cimeti\u00e8re. En 1835, Saint-Colomban acquiert son autonomie de Sainte-Scholastique et tient ses premi\u00e8res r\u00e9unions en tant que paroisse autonome avec son propre registre de bapt\u00eames, mariages et s\u00e9pultures \u2013 dans lequel le p\u00e8re Denis McReavy enregistre les premi\u00e8res entr\u00e9es en 1836.<\/p>\n\n<p>Trois fr\u00e8res Skelly, Michael, Edward et James Garrett, ont quitt\u00e9 Mullingar, Westmeath, Irlande en 1825. En 1826, ils acqui\u00e8rent leurs lots, Michael acquiert le lot 150, Edward le lot 149 et James Garret le lot 148. Ils ont construit une maison sur le lot 150 et ont tous v\u00e9cu ensemble jusqu&rsquo;\u00e0 ce que les autres maisons puissent \u00eatre construites. Michael a acquis un lot suppl\u00e9mentaire, le 105, en 1826 et l&rsquo;a vendu plus tard \u00e0 William Barret en 1832. \u00c0 gauche de l&rsquo;entr\u00e9e de la ferme se trouvait un \u00e9norme rocher, affectueusement surnomm\u00e9 \u00ab Le Rocher \u00bb. Il indiquait la propri\u00e9t\u00e9 des Skelly et la plupart des photos de famille y \u00e9taient prises.<\/p>\n\n<p>Les circonstances ont chang\u00e9 au cours de la premi\u00e8re ann\u00e9e \u00e0 la ferme. Au cours de cette ann\u00e9e-l\u00e0, James Garret transmettra le titre de son lot \u00e0 Michael en 1826 et retournera en Irlande.<\/p>\n\n<p>Les Skelly restants r\u00e9ussirent \u00e0 cultiver six acres de terre en 1831. Leur principale production \u00e9tait le ma\u00efs. Pendant ce temps, l\u2019espace devenait restreint \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la maison. \u00c0 cette \u00e9poque, Michael et sa femme Elizabeth Carey avaient 8 enfants, tous \u00e2g\u00e9s de moins de 14 ans. Le fr\u00e8re de Michael, Edward, et sa femme Catherine Carey (la s\u0153ur d&rsquo;Elizabeth) vivaient l\u00e0 avec leurs propres enfants, mais en 1834, ils d\u00e9cid\u00e8rent qu&rsquo;il \u00e9tait temps de partir et d\u00e9m\u00e9nag\u00e8rent d&rsquo;abord \u00e0 Montr\u00e9al, puis \u00e0 New York, o\u00f9 ils rest\u00e8rent jusqu&rsquo;\u00e0 leur mort.<\/p>\n\n<p>Michael et son \u00e9pouse Elizabeth furent la seule famille Skelly \u00e0 rester \u00e0 Saint-Colomban. Une trag\u00e9die frappa la famille en 1843 lorsqu&rsquo;Elizabeth mourut en couches. Elle n&rsquo;avait que 36 ans. Elle est enterr\u00e9e au cimeti\u00e8re de Saint-Colomban. Sa fille, Elizabeth, surv\u00e9cut et dut \u00eatre plac\u00e9e dans une autre famille, car aucun registre ne la concernait apr\u00e8s sa naissance. Une autre fille, Bridget, fut envoy\u00e9e vivre chez le fr\u00e8re de Michael, Edward, et son \u00e9pouse Catherine, \u00e0 New York.<\/p>\n\n<p>Dans les ann\u00e9es qui suivirent le d\u00e9part d\u2019Edward et James Garrett, Michael r\u00e9ussit \u00e0 cultiver plus de quatre-vingts acres de terre. Selon le recensement de 1851, ses cultures comprenaient des pommes de terre, du foin, du sarrasin, de l&rsquo;avoine et du bois. En ce qui concerne le b\u00e9tail, il poss\u00e9dait des poules, des moutons, des vaches, une g\u00e9nisse et des cochons. La famille comprenait Michael Sr., veuf (il ne s&rsquo;est jamais remari\u00e9 apr\u00e8s la mort d&rsquo;Elizabeth), Owen, Patrick, Michael Jr., Catherine et Ann.<\/p>\n\n<p>Michael a transmis la ferme \u00e0 son fils Michael qui \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 Judith O\u2019Brien et qui travaillait \u00e0 la ferme \u00e0 cette \u00e9poque. En 1861, Michael Jr. et Judith avaient six enfants.<\/p>\n\n<p><em>Note:<\/em><\/p>\n\n<p>L&rsquo;orthographe de Saint Columban a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e en St-Colomban<\/p>\n\n<p><em>Sources: <\/em><\/p>\n\n<p>THE IRISH SETTLEMENT OF ST. COLUMBAN, Brother Jerome Hart, 30 septembre 1955<\/p>\n\n<p>SHAMROCKS IN THE LAURENTIANS, Thomas Edward Kennedy, \u00e9crit autour de 1970<\/p>\n\n<p>SAINT-COLOMBAN &#8211; Une \u00e9pop\u00e9e irlandaise au pi\u00e9mont des Laurentides, \u00c9dition revue et augmentee, Claude Bourguignon<\/p>\n\n<p>Biblioth\u00e8que et Archives nationales du Qu\u00e9bec (BAnQ)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La famille Skelly faisait partie des nombreux migrants irlandais qui ont quitt\u00e9 l&rsquo;Irlande pour \u00e9chapper \u00e0 la pauvret\u00e9 au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. 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