{"id":986,"date":"2024-06-06T21:19:00","date_gmt":"2024-06-07T01:19:00","guid":{"rendered":"https:\/\/cimpn-rcpmi.ca\/2024\/06\/un-bref-historique-de-saint-colomban\/"},"modified":"2025-10-08T10:47:48","modified_gmt":"2025-10-08T14:47:48","slug":"un-bref-historique-de-saint-colomban","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cimpn-rcpmi.ca\/fr\/2024\/06\/un-bref-historique-de-saint-colomban\/","title":{"rendered":"Un br\u00e8f historique de Saint-Colomban"},"content":{"rendered":"\n<p>La paroisse et le cimeti\u00e8re de Saint-Colomban sont situ\u00e9s dans la province de Qu\u00e9bec \u00e0 67 km au nord de Montr\u00e9al dans ce qui \u00e9tait autrefois la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes. La paroisse et le cimeti\u00e8re de Saint-Colomban sont importants sur le plan historique, car ils \u00e9taient les demeures et les lieux de repos d\u00e9finitif de plusieurs des premiers colons irlandais du Bas-Canada avant la famine. Au cours des ann\u00e9es 1820, de nombreux immigrants irlandais se sont rendus au port de Montr\u00e9al en provenance d&rsquo;Irlande et de ce groupe de familles irlandaises est issue la premi\u00e8re vague d&rsquo;immigrants irlandais dans la r\u00e9gion de Saint-Colomban \u00e0 partir de 1821.<br\/><br\/>Kelley O&rsquo;Rourke a men\u00e9 des entretiens avec des descendants des colons irlandais de Saint-Colomban pour reconstituer la vie de ces premiers \u00e9migrants irlandais, qui ont quitt\u00e9 leur ancienne vie en Irlande pour construire un nouveau foyer pour eux-m\u00eames et leurs familles. C&rsquo;\u00e9tait une vie difficile, et ils ont r\u00e9ussi pendant un temps, mais la terre rendait difficile la subsistance, alors ils ont continu\u00e9 leur chemin. Ces entretiens racontent l\u2019histoire de qui ils \u00e9taient et de ce qui leur est arriv\u00e9. L&rsquo;\u00e9glise et le cimeti\u00e8re de Saint-Colomban, ainsi que quelques vieilles maisons, sont tout ce qui reste de la communaut\u00e9 irlandaise autrefois florissante de Saint-Colomban, au Qu\u00e9bec.<\/p>\n\n<p>Apr\u00e8s la conqu\u00eate britannique de la Nouvelle-France en 1760, le trait\u00e9 de Paris de 1763 officialise le transfert du pouvoir de la France \u00e0 la Grande-Bretagne, mettant ainsi fin \u00e0 la guerre de Sept Ans. Ce trait\u00e9 a entra\u00een\u00e9 des changements territoriaux importants, puisque la France a c\u00e9d\u00e9 la plupart de ses colonies d\u2019Am\u00e9rique du Nord, y compris la Nouvelle-France, aux Britanniques. Les Britanniques renomm\u00e8rent les territoires Bas-Canada (Qu\u00e9bec) et Haut-Canada (Ontario). Les terres de la Seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes \u00e9taient contr\u00f4l\u00e9es par les Sulpiciens, une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de pr\u00eatres dioc\u00e9sains, souvent connus pour leur r\u00f4le d&rsquo;\u00e9lites riches et instruites, d&rsquo;universitaires et de missionnaires. Contrairement \u00e0 d\u2019autres missionnaires de l\u2019\u00e9poque (comme les J\u00e9suites), les Sulpiciens n\u2019ont jamais prononc\u00e9 de v\u0153ux de pauvret\u00e9. Apr\u00e8s la conqu\u00eate britannique, les Sulpiciens de Montr\u00e9al se s\u00e9par\u00e8rent des Sulpiciens de Paris afin de pr\u00eater all\u00e9geance \u00e0 la Couronne britannique et de conserver leurs terres. Cependant, les Mohawks de Kanehsat\u00e0:ke avaient un accord existant avec les pr\u00eatres sulpiciens, officialis\u00e9 par la ceinture wampum \u00e0 deux chiens, qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e aux autorit\u00e9s britanniques apr\u00e8s la conqu\u00eate en 1763 pour assurer la protection de leurs terres contre la colonisation blanche. Les Britanniques trahirent cet accord et reconnurent les pr\u00eatres sulpiciens comme les seuls propri\u00e9taires de la terre. \u00c9tant donn\u00e9 que les droits et le titre foncier des Mohawks de Kanehsat\u00e0:ke n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 officiellement reconnus, ils d\u00e9pendaient des Sulpiciens pour d\u00e9tenir la terre en leur nom en fiducie. Les Sulpiciens ont viol\u00e9 l&rsquo;accord des Two Dog Wampum en vendant 98 % des terres aux colons, y compris aux immigrants irlandais nouvellement arriv\u00e9s. Par cons\u00e9quent, les colons ont acquis une grande partie de leurs biens sans \u00eatre au courant de l\u2019accord pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n\n<p>Bien avant la Grande Famine de 1847, de nombreux Irlandais ont \u00e9migr\u00e9 volontairement, fuyant les tensions persistantes en Irlande caus\u00e9es par le colonialisme britannique, les mauvaises r\u00e9coltes et les projets de restructuration agricole parrain\u00e9s par l\u2019\u00c9tat. Le Qu\u00e9bec \u00e9tait un endroit id\u00e9al pour les Irlandais parce qu\u2019il \u00e9tait majoritairement catholique, ce qui leur permettait de pratiquer librement leurs convictions religieuses, de construire leurs propres \u00e9glises et de maintenir leur identit\u00e9 culturelle. Le p\u00e8re Patrick Phelan et le p\u00e8re Richard Jackson (lui-m\u00eame converti au protestantisme), tous deux pr\u00eatres sulpiciens, ont contribu\u00e9 \u00e0 la relocalisation de familles irlandaises de Montr\u00e9al \u00e0 Saint-Colomban en leur faisant don de terres par l&rsquo;interm\u00e9diaire de la Soci\u00e9t\u00e9 des Gentilshommes de Saint-Sulpice. Les Irlandais re\u00e7urent des lots initiaux d&rsquo;environ 83 acres chacun \u00e0 partir de 1821. La paroisse de Saint-Colomban a \u00e9t\u00e9 officiellement \u00e9rig\u00e9e en 1836. Mary Phelan Skehan a fait don du terrain pour la paroisse en 1832, tandis qu&rsquo;Edward Elliott a fait don du terrain pour le cimeti\u00e8re. \u00c0 mesure que la paroisse grandissait, Gerald Phelan donna plus de terrain au cimeti\u00e8re en 1937, ce qui contribua \u00e0 l&rsquo;agrandir. Au d\u00e9but, les colons assistaient \u00e0 la messe \u00e0 Sainte Scholastique avant de construire une chapelle en 1835. Les plus grandes concessions de la r\u00e9gion \u00e9taient enti\u00e8rement colonis\u00e9es en 1837.<\/p>\n\n<p>La candidate au doctorat L\u00e9a Denieul Pinsky de l\u2019Universit\u00e9 Concordia a cr\u00e9\u00e9 une carte interactive en ligne qui explore l\u2019histoire du colonialisme de peuplement dans la Seigneurie des Deux-Montagnes. Ce territoire comprend les municipalit\u00e9s actuelles d&rsquo;Oka, Pointe-Calumet, Saint-Placide, Saint-Joseph-du-Lac, Mirabel, Saint-Eustache, Saint-Benoit, Saint-J\u00e9r\u00f4me et Saint-Colomban. La carte illustre de mani\u00e8re frappante \u00e0 quoi ressemble le colonialisme de peuplement \u00e0 travers le morcellement et l\u2019attribution syst\u00e9matiques des terres aux colons au d\u00e9triment des peuples autochtones qui vivaient et utilisaient la terre de diverses mani\u00e8res. Le projet a r\u00e9cemment re\u00e7u le prix David Woodward de la meilleure carte num\u00e9rique et a \u00e9t\u00e9 rendu possible gr\u00e2ce au soutien financier du Fonds de recherche du Qu\u00e9bec &#8211; Soci\u00e9t\u00e9 et Culture (FRQSC).<\/p>\n\n<p>N&rsquo;h\u00e9sitez pas \u00e0 l&rsquo;explorer ! <a href=\"https:\/\/geomedialab.github.io\/Kanehsatake-Land-Defense\/\">Archives cartographiques : Spoliation des terres mohawks par les pr\u00eatres sulpiciens<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La paroisse et le cimeti\u00e8re de Saint-Colomban sont situ\u00e9s dans la province de Qu\u00e9bec \u00e0 67 km au nord de Montr\u00e9al dans ce qui \u00e9tait autrefois la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes. 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